Charte de Venise

La Charte de Venise : conservation et restauration des monuments historiques

Date de dernière modification : 23 juin 2022

Les bâtiments et œuvres du passé sont aujourd’hui un témoignage vivant des traditions ancestrales. Or nous prenons chaque jour un peu plus conscience de l’unité des valeurs humaines, que nous considérons désormais comme un patrimoine commun. Cela nous conduit notamment à nous reconnaître responsables de leur sauvegarde, dans un désir ardent de transmettre aux générations futures les joyaux de l’histoire des hommes. Et c’est dans cette optique de préservation et de transmission de notre patrimoine historique et architectural qu’a été conçue la Charte de Venise.

Une nouvelle charte pour encadrer la conservation et la restauration des monuments historiques

La Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites, dite Charte de Venise, approuvée en 1964, complète et affine les principes fondamentaux de la Charte d’Athènes signée, elle, en 1931. Cette dernière affirmait l’intérêt de toutes les étapes de la vie d’un édifice et préconisait de « respecter l’œuvre historique et artistique du passé, sans proscrire le style d’aucune époque ». Elle recommandait par exemple une occupation des monuments, tels que les châteaux, qui respecte leur caractère historique ou artistique, cela de manière à assurer la continuité de leur vie. Cette charte insistait également sur le rôle de l’éducation dans le respect des monuments historiques.

La Charte de Venise fait écho à celle d’Athènes en ce qu’elle souligne l’intérêt de conserver les édifices remarquables en état de fonctionnement (sans pour autant affecter leur ordonnance ou leur décor), mais elle en approfondit aussi les principes et en élargit la portée. Le monument historique y est ainsi redéfini comme « site urbain ou rural qui porte témoignage d’une civilisation particulière, d’une évolution significative ou d’un événement historique ».

Quelles sont les dispositions de cette charte internationale ?

Le traité établi à Venise est structuré en 16 articles, répartis en six sections. Il y est question de :

  • conservation des sites et des monuments historiques

Ces édifices appartenant au patrimoine historique, culturel ou architectural doivent être affectés à une fonction utile à la société, mais maintenus dans leur unité, avec leurs éléments de sculpture, de peinture ou de décoration ;

  • restauration

Restaurer doit signifier conserver et révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument, objet des travaux de restauration, en se fondant sur « le respect de la substance ancienne et de documents authentiques » ;

  • fouilles

Il est notamment nécessaire de les mener à bien conformément à des normes scientifiques et à la « Recommandation définissant les principes internationaux à appliquer en matière de fouilles archéologiques »  adoptée par l’UNESCO en 1956.

La charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites historiques traite également de toute la documentation et des publications qui doivent accompagner ces travaux de conservation, de restauration et de fouilles.

Les dernières mesures en date pour conserver et restaurer les monuments historiques

Si l’on se réfère aujourd’hui toujours et régulièrement à la Charte de Venise, notons qu’une autre charte, mise au point à Cracovie en 2000, reprend un certain nombre de points des deux chartes précédentes. Elle apporte néanmoins une nouvelle définition au concept de projet de restauration et de la conservation du patrimoine qu’elle considère comme devant être basé « sur un éventail d’options techniques adéquates » et être préparé par un « processus cognitif de recueil d’informations et de compréhension de l’immeuble ou du site », induisant ainsi l’interdisciplinarité.